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Le voyage à travers nos 5 sens

Rédigé par Manon Pelletier W. | Mar 27, 2022 4:00:00 AM

Un t-shirt coloré, une bouteille de vin d’un vignoble, une babiole imprimée du nom de l’endroit visité… On a tous, à un moment ou à un autre, opté pour ce genre d’objets en guise de souvenir de voyage. Notre besoin étant de prolonger notre expérience au-delà du temps des vacances ou de tenter de partager avec d’autres le magnifique périple que l’on vient de vivre. Et si les souvenirs de voyage à privilégier passaient par nos sens ? La vue bien sûr, mais aussi l’odorat, le goût, le toucher et par-dessus tout l’ouïe.

La vue

La mémoire visuelle est le moyen privilégié d’emmagasiner de multiples souvenirs. On n’a qu’à penser aux innombrables photos, égoportraits et vidéos pris en rafale. Malgré leur efficacité indéniable pour immortaliser l’image du moment présent, je ne m’attarderai pas outre mesure sur ces outils magiques. Étant déjà des vedettes très courtisées, ces images captées de toutes les façons n’ont pas besoin de présentation supplémentaire. Il faut simplement garder à l’œil la tentation de vivre l’intégralité de notre voyage, l’iris rivé dans la fenêtre de notre objectif et perdre ainsi le « focus » sur le reste…

L’ouïe

On prend souvent pour acquis ce sens, mais sans s'y attarder plus longtemps. Et pourtant… Là, les sources peuvent être plus variées. Une chanson, une pièce de musique, le son des cloches des églises, une voix, des rires d’enfants, l’eau qui court… La mémoire musicale est plus complexe, mais aussi plus riche puisqu’elle doit être chargée d’émotions pour être significative. Vous n’avez qu’à penser à la berceuse qu’on vous jouait quand vous étiez enfant ou à la musique de votre premier « slow ». C’est ainsi, par exemple, qu’une chanson marquante peut à son simple rappel éveiller en vous l’évocation complète de votre voyage et, tel un film, votre mémoire vous rend le fil de son histoire.

Dans le cadre d’un voyage en Italie, j’ai présenté au groupe une chanson où chacune des paroles correspondait à un élément de visite : les cathédrales et les églises, la tour penchée, la tour de Pise, la louve allaitant ses jumeaux, le ciel de Michel Angelo… Un seul élément de la visite manquait pour correspondre en tous points aux paroles de la chanson. Je ne connaissais pas les bijoux de Codognato. Cette petite recherche fut très instructive ! Lors de notre passage à Venise, nous avons fait un petit tournant additionnel, à un pâté de maisons de la Place St-Marc, pour y découvrir la plus ancienne bijouterie de Venise qui opère encore; Codognato depuis 1866, à l’heure où Venise appartenait à l’Empire austro-hongrois. Coco Chanel, Serge Diaghilev et Jean Cocteau ont mis les pieds dans cette boutique… et nous ! Blague à part, le groupe s’est approprié avec beaucoup de plaisir la chanson de visite en visite. Au retour, un client qui a entendu la chanson à la radio m’a avoué avoir revu tout le film de son voyage dès les premières mesures. C’est ça la mémoire musicale ! Elle a le pouvoir d’évoquer vos souvenirs de manière efficace et quasi permanente. Son pouvoir est si grand que l’on s’en sert d’ailleurs en musicothérapie. L’écoute musicale et ses effets laissent leurs empreintes un long moment dans les diverses parties du cerveau avant de disparaître. Ce qui fait en sorte que notre mémoire oublie, mais notre oreille se souvient…

L’odorat

Même si notre odorat n’est pas aussi aiguisé que celui des animaux, il demeure malgré tout notre sens le plus puissant. Notre mémoire olfactive dépasse sans vergogne toutes les autres. Elle est efficace dans une proportion de 65 % comparativement à seulement 50 % pour notre mémoire visuelle. Quand même !

À la suite d’un voyage en Espagne, une dame m’a raconté que l’un de ses voisins préparait son repas sur le BBQ et les effluves l’ont littéralement ramenée au cœur de ses vacances avec ses grillades de poissons sur le feu au bord de la mer. « Ça sent l’Espagne! » s’est-elle exclamée. Du coup, elle était transportée directement sur la plage de Torremolinos.

Le goût

Tous les gourmets flanchent à l’idée de la croûte craquante de la pizza napolitaine avec sa mozzarella chaude, qui file et qui fume, ses tomates bien mûres, gorgées de soleil, et son basilic frais qui relève tout doucement la pointe d’ail bien dosée. J’ai connu une guide en Italie qui savait si bien faire appel à la mémoire gustative des gens, qu’à la seule description du menu tout le groupe salivait juste à y penser. Imaginez après ! Toutes ces expériences gustatives évoquent immanquablement des souvenirs impérissables et chaque occasion de les recréer nous ramène là où elles nous ont touchés.

Le toucher

Il nous reste le toucher, à la fois plus subtil et englobant. On peut le percevoir un peu comme la preuve tangible que cela existe.  Que ce soit de fouler la neige des glaciers en Alaska, de toucher les rochers du Grand Canyon ou de laisser filer entre ses doigts la terre rouge des Amérindiens Navajos, c’est se dire : « Ça y est, j’y suis ! » C’est se donner le privilège de s’ancrer dans notre environnement, de s’imprégner d’une certaine manière dans le paysage et inversement de laisser le paysage s’enraciner en nous. C’est dans cette perspective que les gens d’un groupe, en visite dans l’Ouest américain, n’avaient qu’une envie à leur arrivée. Celle de se tremper les orteils dans l’océan Pacifique. Cette expression du toucher qui symbolise le rêve devenu enfin réalité.

Alors les photos ? Oui bien sûr ! Mais encore…